SUCRE - POTOSI
Départ, donc, le 11 mai à 18h50 du Terminal Terrestre de Buses de La Paz pour Sucre, la capitale constitutionnelle du pays. De tous les trajets effectués en bus lors de ce voyage, celui-ci (12h40 tout de même!) sera le plus pénible: la vitre latérale (de mon côté) ferme mal, le bus n'est pas chauffé (nous sommes à une altitude moyenne de 3 500 m - et l'hiver approche...), sans compter nos voisins particulièrement encombrants, peu aimables... et leur chiot. Ambiance...
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Nous avons froid, très froid, au point qu'Alexandra a dû se résoudre à sortir et enfiler le poncho acheté à Cusco pour Chloé.
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Nous arrivons par le haut, à gauche sur la carte. De La Paz à Oruro (extrémité nord du lac Poopo) il y a 240 km, un peu plus de 300 km jusque Potosi (les bus pour Sucre passent par Potosi, la route est plus longue, mais meilleure) puis 170 derniers km pour Sucre.
Le 15 mai nous ferons en sens inverse la dernière partie du trajet (Sucre-Potosi), et le 17 nous poursuivrons sur Uyuni, tout en bas de la carte.
Le 12 mai









C'est nous, ce 13 mai à 9h20. Nous avons quitté à 8h notre hôtel à bord d'une voiture particulière pour une excursion dans la Cordillera de los Frailes, à l'est de Sucre (nous parcourrons 134 km dans la journée).
Nous sommes au sanctuaire de la Vierge de Chataquila; la route/piste devant, et le départ d'un sentier précolombien sur la gauche.
Vue, du belvédère d'El Tazon, sur le cratère (8 km de diamètre) de Maragua, les magnifiques arrondis symétriques vert pâle des Serranias et la vallée de Chaunaca. Les freins ont sacrément chauffé dans la descente!! Nous sommes dans le territoire des indiens Jalq'a.
Il est 11 heures, nous sommes descendus dans la vallée de Chaunaca et suivons maintenant celle qui nous mènera à Potolo.

Nous y voilà... Potolo, village du bout du monde, dont on se demande de quoi peuvent bien vivre les gens. L'arrivée du bus.
Surprenant, au milieu de Potolo - village très pauvre et loin de tout -, cet établissement scolaire récent et très bien tenu qui scolarise (internat) les enfants des hameaux alentour. Les nombreux groupes scolaires récents que nous avons vus ou entraperçus ça et là temoignent à l'évidence de l'importance accordée par la Bolivie d'Evo Morales à l'éducation.
Potolo est réputé, dixit le Lonely Planet, pour ses ateliers de tissage... Nous avons fait le tour, à pied, du village et nous n'en avons vu aucun, par contre, cette brave dame a prétendu nous vendre à un prix exorbitant pour l'endroit (40 euros!!!) ce bout de tissu (un aqsu?). Nous sommes habituellement du genre à aider l'artisanat local, mais là...
Bref arrêt, sur le chemin du retour, à une foire agricole à quelques km de Sucre...
... puis nous demandons à notre chauffeur de nous de nous conduire au Parque Cretacico (le parc du Crétacé), sur le site d'une cimenterie à 5 km au nord de la ville. Sur une paroi verticale (horizontale au départ, elle a été redressée par la suite, lors de mouvements de la croûte terrestre), plus de 6 000 empreintes de pattes de dinausaures laissées il y a 65 millions d'années environ. Un centre d'accueil (photo) fournit les explications.
Voici les traces. Elles ont été découvertes en 1994 par les employés de la cimenterie..
D'autres encore, atteignant jusqu'à 80 cm de diamètre.
Retour à Sucre, balade au centre (photo sur la grand place...) avant la douche, l'apéro à l'hôtel et le dîner à la Taverne.
Le 14 mai

10 heures. Nous nous présentons à la Casa de la Libertad, maison où fut signée le 6 août 1825 la déclaration d'indépendance. Je cite le L.P.:"Devenue monument historique, elle représente le coeur symbolique de la nation".
La cour intérieure.
Le saint des saints... C'est ici, dans le Salon de la Independancia (ancienne chapelle jésuite), que se tint le premier congrès bolivien. Au mur, Simon Bolivar, à gauche Hugo Ballivian et à droite Antonio José de Sucre. Sur le socle de granite au premier plan, la déclaration d'indépendance.
16h45. Nous sommes sur le toit du Convento de San Felipe Neri, belle vue sur "la ville blanche des Amériques".
Ce soir, c'est au tour des infirmières de parader...
Ceci est le coin bar de la Taverne, nous prenons notre dernier dîner (départ demain pour Potosi).
Le 15 mai
Ceci est le bus (compagnie: Imperador) qui nous emmènera dans quelques instants à Potosi (160 km, 3h15 de route). On comprend mieux la nécessité d'en appeler à la protection divine quand on a pour chauffeur, comme ce sera la cas aujourd'hui, un jeune, complètement givré et irresponsable. Ce fou a commencé par casser la croûte au volant, sans ralentir le moins du monde (sur des routes - je ne vous dis pas...) et ensuite, lui et son assistant, tout aussi foldingue, ont joué à se lancer une balle d'un bord à l'autre de la cabine, et cela, tout en roulant à tombeau ouvert... De la folie! En fait, c'est à ce moment que nous avons compris pourquoi dans cette région du monde ils tirent systématiquement un rideau qui masque aux passagers la vue vers l'avant, c'est sans doute pour mieux dissimuler les turpitudes auxquelles se livre l'équipage dans la cabine...
11h45. Arrêt casse-croûte après 1h30 de route; le ravitaillement arrive d'un pas décidé et en rangs serrés...

Succession, jusqu'à Potosi, de beaux paysages. C'est durant cette partie du trajet que j'ai pris froid, sous la forme d'un mauvais courant d'air qui allait me causer bien des misères les jours suivants.
Sans commentaire.
Même chose.
Arrivée à Potosi à 13h30. Petit cafouillage (le premier - et dernier - du séjour) pour l'hôtel, nous finissons par nous installer au Macuquina Dora Hotel (le Las tres portadas nous ayant semblé cher et pas très bien tenu, et le Santa Teresa étant complet...). Sur la photo, le bas de la rue d'Ayacucho, avec à gauche le Santa Teresa et au fond l'église et le couvent du même nom.
Potosi! Ah, Potosi! Un des grands moments du voyage... Disons que malgré la rudesse du climat (il fait froid), la rudesse évidente des conditions de vie et la pauvreté patente, nous avons trouvé la ville très attachante. Toute en pente, Potosi est située à une altitude dépassant 4 100 m, elle est partiellement adossée au Cerro Rico (le mont Riche) qui en fit la notoriété (et la fortune de l'empire espagnol). Aux XVème et XVIIème siècles, avec ses 200 000 habitants, elle fut l'une des toutes premières villes du monde, avec Paris et Londres! L'argent, car c'est de cela qu'il s'agit, fut découvert par un inca en 1544 et les Espagnols organisèrent dès l'année suivante son extraction à grande échelle, et dans des conditions effroyables. L'argent était transporté à dos de lamas jusqu'à Arica et aussi à Lima, en passant par Arequipa, contribuant grandement au passage à la prospérité de cette dernière. "Durant les trois siècles que dura la période coloniale, de 1545 à 1825, on estime que huit millions d'Indiens (et d'Africains) périrent dans des conditions atroces" (citation du L.P.).
Voilà le Cerro Rico, vu de l'Arcos de Cobija (sur Linares). De loin, en fait, le Cerro rico a l'air très calme, comme endormi.
16h25, nous remontons Ayacucho.
16h40, sur la place 6 de Agosto avec le Cerro Rico (omniprésent) à l'arrière-plan.
le 16 mai
8h40. Nous avons réservé hier soir une visite de la mine (sans trop savoir à quoi nous attendre), nous nous dirigeons vers l'agence.
La visite de la mine s'accompagne d'un rituel auquel on ne peut pas se soustraire. Il faut acheter tout d'abord, pour les offrir aux mineurs, différents cadeaux: limonade, cigarettes, feuilles de coca et dynamite, j'ai bien dit de la dynamite. La coca, c'est pour la pause des mineurs, c'est ce qui leur permet de tenir le coup. Ce sont les espagnols qui les y ont encouragés, après avoir constaté que les mineurs qui mâchaient de la coca travaillaient avec plus d'ardeur. On glisse une dizaine de feuilles entre les gencives et la joue (impression de chique) pour les faire ramollir, opération que l'on répète deux ou trois fois avant de mâcher le tout et puis d'en avaler le jus amer.

C'est ici que nous allons nous fournir... La pauvre dame a l'air bien fatiguée...
Le bâton de dynamite,
La mêche,
C'est bon, on peut y aller... Direction le vestiaire.
Ça a quand même l'air plus sérieux qu'à Lewarde!
Alors effectivement, à mesure que l'on s'approche du Cerro Rico et que l'on en gravit le flanc, on s'aperçoit que le cerro vit, c'est en fait une véritable fourmilière, avec des installations industrielles accrochées un peu partout sur ses pentes.
Ça grouille de toutes parts, ballet incessant des bennes, des camions...
La pause coca...
Dernière photo avant de pénétrer dans la galerie, juste au cas où... Le Cerro Rico est actuellement exploité par 37 coopératives (ce qui représente 15 000 à 20 000 mineurs), ces chiffres, bien sûr, variant avec le cours des métaux. Il y a environ 300 entrées de galeries.

L'entrée de la nôtre (coopérative Maria).
Suivez le guide... Nous allons à sa suite nous enfoncer d'un bon demi- kilomètre à l'intérieur.
Un treuil...
Mineur au fond de son trou...
Pause (obligatoire) devant Tio ou Supay, le diable maître des lieux, afin d'en obtenir la protection.
Celui-ci n'attend pas la pause pour mâcher.
Un autre, au travail...
Evacuation du minerai dans des bennes.
Voilà, c'est la distribution...
Sur fond de déflagrations plus ou moins lointaines...

Tri manuel?
Là, on a intérêt à se pousser, il n'est pas question de ralentir la benne...
Voilà, après 1h30 passées dans les galeries de la coopérative Maria, nous retrouvons avec plaisir la lumière du jour. Expérience certes inoubliable, mais sentiments très mélangés devant de telles conditions de travail...
Après la mine, nous descendons à la gare routière prendre les billets pour Uyuni, et de là nous remontons par Antofagasta vers le centre. Spectaculaire mural, un seul panneau ici sur les 7 ou 8 peints au coin d'Antofagasta et de San Alberto.
De 14h45 à 15h30, visite de la Casa Real de la Moneda, le monument phare de la ville et l'un des plus beaux musées d'Amérique du Sud.
17h40. Soleil rasant sur le Cerro Rico.
Délicatesses attendant preneur au marché.

20h15, mini-concert à la Casa real de la Moneda.
Le 17 mai
Une dernière photo du portail de Santa Teresa.
La gare routière, les passagers attendent patiemment.
Notre bus (nous passerons très précisément 7 heures à bord, de 10h55 à 17h55). Le bus n'étant qu'aux deux tiers plein, j'ai eu la banquette arrière pour moi seul et ai pu ainsi photographier à ma guise, des deux côtés (sauf que le bus filait à toute allure sur des routes/pistes improbables, pas facile pour les photos).
Embarquement et installation à bord.
Les vues qui suivent ont été prises tout au long du trajet, et on peut suivre l'évolution du paysage.
L'un des nombreux sites industriels (mines) qui jalonnent la première partie du trajet).
Quelques arbres tout de même dans cet univers très minéral.
Pause-pipi à 13h40.
Le premier salar.
La petite ville minière perchée sur la colline (il s'agit de Pulacayo, à 22 km d'Uyuni) a ceci de particulier qu'on peut y voir (mais notre bus ne s'arrête pas) un train qui fut attaqué et dévalisé par Butch Cassidy et Sundance Kid qui, on le sait, ont terminé en Bolivie leur mortelle randonnée.
17h. Le soleil décline, les ombres s'allongent.
Le voilà, le célèbre salar d'Uyuni, la plus importante réserve de sel au monde (12 106 km²), nous le découvrons au détour d'une série de virages et il ne nous reste plus qu'à descendre dans la dépression.
Dernière ligne droite sur ce qui autrefois fut le fond d'un lac.

Nous y sommes presque...
Voilà, nous sommes maintenant tout en bas de la carte.
A suivre : UYUNI et LE CIRCUIT DE SUD-OUEST.