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 SULAWESI
 (anciennement appelée "Les Célèbes")
 
du 15 au 22 mars 
 
 
 
A l'ouest de Sulawesi, l'île de Bornéo (ou Kalimantan comme la désignent les Indonésiens), à l'est, l'archipel des Moluques (dont Sulawesi est séparée par la mer de Banda), au nord, et séparée d'elles par la mer des Célèbes, les Philippines, et au sud - au-delà de la mer de Florès -, les Petites îles de la Sonde. Voilà qui permettra de mieux situer sur une carte l'île dans laquelle nous allons poser le pied. 
 
Sulawesi est traversée par l'équateur, le quart "supérieur" de l'île se trouvant dans l'hémisphère nord, le reste dans l'hémisphère sud. Sulawesi compte près de vingt millions d'habitants répartis sur une superficie de 220 000 km2, soit un peu moins de la moitié de la superficie de la France. La particularité principale de l'île réside dans sa forme : Quatre espèces de tentacules séparées par de vastes golfes, 1500 km séparant les extrémités nord et sud de l'île. Le climat est équatorial, avec un régime de mousson très affirmé, nous aurons l'occasion de nous en apercevoir.
 
Notre séjour dans l'île sera assez bref car nous reprenons l'avion pour Paris le 23 au soir, à Jakarta. Et, comme en plus il est fortement déconseillé aux touristes de se rendre dans les régions du Centre et du Nord (situation politico-religieuse instable), nous ne dépasserons pas Rantepao. C'est dans cette partie de l'île que se trouvent de toute façon les principales curiosités touristiques.
 

 Sur cette carte, empruntée au Petit futé, on voit bien l'équateur ainsi qu'en vert, les trois lieux de notre séjour dans l'île: Makassar en bas à gauche, Rantepao au centre et Bira tout en bas à droite. 

 

 

 

 

 Survol à basse altitude de Makassar (anciennement Ujung Pandang), où nous atterrissons après un vol d'une heure sans histoire. Nous n'avons toujours  pas compris pourquoi la compagnie nationale indonésienne Garuda figure sur la liste noire de l'IATA...

 

 

 

 

 Nous approchons de l'aéroport; il a visiblement plu récemment, et bien plu... Et ce n'est pas fini.

 

 

 

 

 Atterrissage, taxi, installation dans un hôtel du centre-ville et aussitôt, renseignements et réservation de places dans un bus pour Rantepao demain matin. Première exploration de la ville, à pied puis en becak car les distances à Makassar - qui compte plus d'un million d'habitants - sont assez grandes. Nous allons faire un tour au port de Paotare où nous verrons des bugis comme à Sunda Kelapa à Jakarta. Sulawesi a très longtemps été un point de passage obligé pour les commerçants chinois et arabes sur la route des épices notamment, d'où l'importance de ses ports, de ses chantiers de construction navale et la qualité de ses marins. La photo montre, si besoin était, que nous sommes les bienvenus dans l'île.

 

 

 

 

 C'est l'occasion aussi de découvrir des quartiers un peu crapauteux... Mais bon, on a vu bien pire ailleurs.

 

 

 

 

 L'indonésie a été pendant plus de trois siècles (jusqu'à la seconde guerre mondiale) une colonie hollandaise, c'est à Makassar que l'on peut en voir une des plus belles traces avec le fort Rotterdam (milieu du XVIIème).

 

 

 

 

 

 Quelques-unes des treize bâtisses - bien restaurées - que renferme le fort. Bel exemple d'architecture coloniale hollandaise.

 

 

 

 

 C'est dimanche, le fort est fréquenté par de nombreux jeunes qui ici aussi répondent très volontiers à l'appel de l'appareil photo.

 

 

 

 

 Celles-ci aussi.

 

 

 

 

 Ces deux-là (un professeur d'anglais à gauche et une retraitée de l'enseignement à droite) débatent avec conviction d'un problème de linguistique anglaise. A noter que les élèves du premier (on les voit sur la photo) sont intervenus avec pertinence dans le débat. C'est dans la soirée que nous apprenons, sur TV5 Monde, la mort de Bashung. Joséphine est orpheline, consternation et tristesse.

 

 

 

 

Le 16 février

 Nous sommes à la gare routière de Makassar, assez loin au nord de la ville. Il est 10 heures, nous allons monter dans ce le bus qui va nous emmener à Rantepao, à 330 km de là.

Rantepao est la capitale du pays Toraja dont les habitants (les Torajas, au nombre de 700 000 environ) sont, avec les Makassars et les Bugis, l'une des trois ethnies qui peuplent le sud de l'île. Les Torajas ont été christianisés par les missionnaires hollandais au début du XXème siècle et mélangent allègrement dans leur pratique religieuse christianisme et croyances animistes.

 

 

 

 

 

 Départ à 10 heures et, jusque 11 heures, nous avançons à très petite vitesse. Nous quitterons la route côtière juste après Parepare (court arrêt à 14h30) pour nous enfoncer vers l'intérieur (direction du nord-est); arrêt à Enrekang deux heures plus tard. Photo prise de l'intérieur du bus.

 

 

 

 

 Nous sommes maintenant dans les montagnes, qui recouvrent tout le centre de l'île.

 

 

 

 

 A l'approche de Rantepao, notre progression est soudainement ralentie par ce bien étrange cortège.

Rantepao où nous arrivons à la nuit tombée (ce qui n'est jamais très commode lorsque l'on n'a pas réservé d'hôtel, mais le chauffeur du bus, très gentiment, nous dépose à 19h45 devant l'un d'entre eux). Nous avons mis 9h30 pour parcourir les 330 km. Installation et sans perdre de temps, nous négocions pour trouver une voiture et un guide pour demain : Nous avons l'intention de faire le circuit du nord et, si possible, d'assister à des funérailles, comme recommandé dans tous les guides. Nous avons de la chance, il s'avère qu'il y aura bien des funérailles dans un petit village pas trop loin d'ici.

 

 

 

 

Le 17 mars

 Départ à 8h20 pour les villages du nord. Premier arrêt à Bori où un spectaculaire champ de menhirs atteste d'une civilisation néolothique dans le secteur.

 

 

 

 

 Lui, c'est notre chauffeur et derrière, mon épouse.

 

 

 

 

 C'est ici même, à Bori, que nous voyons les premières maisons toraja (tongkonan), à l'architecture si particulière.

Le toit, d'abord, en forme de "U", évoquant pour les uns la coque des bateaux qui auraient jadis amené les Torajas dans l'île, pour les autres, des cornes de buffles. L'avancée est en tout cas une bonne protection en cas d'averse, nous pouvons en témoigner. Autre particularité, aucun clou n'intervient dans la construction de ces maisons, pas plus d'ailleurs que dans la construction des bugis. Assemblage uniquement à base de tenons et mortaises, et chevilles. Quatre couleurs obligatoires pour la déco: le rouge, le blanc, le jaune et le noir, et la façade décorée de motifs géométriques (photo ci-dessous).

 

 

 

 

 Le poteau qui soutient l'avancée est garni de cornes de buffles, symboles de la richesse et de la puissance du propriétaire.

 

 

 

 

 Les mandibules ausssi.

 

 

 

 

 Tombes creusées dans la roche, autre particularité de la région.

 

 

 

 

 Nous nous approchons de Lempo - ça grimpe - c'est là que notre guide nous emmène pour assister auxdites funérailles. En fait, nous ne savons pas trop ce qui nous attend, sauf que notre attention est attirée par deux voitures qui nous précèdent et qui transportent sur leur toit des cochons vivants (?!). Magnifiques rizières en terrasses.

 

 

 

 

 La voiture garée, nous n'avons plus qu'à suivre le mouvement sur quelques centaines de mètres... 

 

 

 

 

 D'autres cochons, beaucoup de cochons, qui apparemment seront aussi de la "fête"...

 

 

 

 

 De plus en plus de monde aussi sur le sentier, à l'approche du théâtre des opérations... Beaucoup de dames en noir.

 

 

 

 

 Les buffles, maintenant... Tandis que des groupes s'installent - pour le pique-nique, visiblement - de part et d'autre du sentier...

 

 

 

 

 Ce jeune homme est venu spécialement de Jakarta ; on vient de loin, parfois de très loin - de tout l'archipel, de tout le sud-est asiatique, voire d'Europe si on s'y est installé) pour ces funérailles (il s'agit pour lui d'une parente assez éloignée), il va nous expliquer dans un excellent anglais la manière dont les choses vont se dérouler.

 Quelques mots, empruntés au Petit futé, sur les funérailles au pays toraja.

"Au décès d'une personne, l'âme quitte le corps, mais reste parmi les vivants; elle ne sera libre de monter dans le royaume des Ames qu'après une cérémonie au cours de laquelle seront sacrifiés des buffles et des cochons (avant, il y a longtemps de cela, c'étaient des esclaves). L'âme du défunt est censée s'envoler avec les buffles, donc, plus il y a de buffles, plus l'âme monte haut. Rassembler le bétail peut prendre beaucoup de temps, des mois, voire des années, période pendant laquelle le corps momifié du défunt est placé au fond de la maison. Pour les funérailles proprement dites, la famille fait édifier une sorte de village temporaire pour pouvoir héberger les invités, et ils sont nombreux".

 

 

 

 Avant d'entrer sur cette place - c'est là, visiblement, où les choses se passent - nous avons offert un cadeau au chef du village (ou ses représentants), en l'occurence une cartouche de cigarettes ; c'est l'usage. Les étrangers sont les bienvenus, c'est même un honneur pour la famille du défunt, mais il faut symboliquement déposer un cadeau. Voilà, c'est fait.

 Et que découvrons-nous en pénétrant sur la place?  Une procession qui fait lentement le tour de la place, pendant qu'en son milieu se tient un buffle... 

 

 

 

... et ont été déposés (sans ménagement) au moins treize cochons.

 

 

 

 

C'est donc la délégation d'un village voisin qui défile, précédée par les maîtres de cérémonie. 

 

 

 

 

 La délégation continue à avancer, les hommes en tête! Attitude digne et recueillie.

 Les villages Toraja se présentant souvent sous la forme de deux rangées de maisons séparées par une esplanade, on a simplement ici construit entre les maisons des structures provisoires en bois sur lesquelles (et à l'abri desquelles) les invités s'installent une fois leur tour venu, ce qui fait une arène parfaite.

 

 

 

 

 Une fois le tour de la place effectué, la délégation est conduite au salon de réception et y prend place.

 

 

 

 

Boissons (et patisseries, je suppose) lui sont apportées.

 

 

 

 

Faisant face au salon de réception (tout là-bas), une sorte de salon d'honneur (ici) où nous avons été invités à prendre place. Pour ma part, je n'y suis pas resté très longtemps, j'avais mieux à faire.

 

 

 

 

 Une de mes voisines. Quand je dis "j'avais mieux à faire", je voulais dire faire des photos, naturellement.

 

 

 

 

 Attention! Il ne s'agit pas de déposer n'importe quoi. Pendant que la délégation se restaure, un jury note sur un cahier les offrandes apportées, les évalue et fait part au micro de ses commentaires. il s'agit tout à la fois d'apprécier la qualité des offrandes et de calculer la taxe qu'il faudra acquitter au gouvernement (dans le but, apparemment, de limiter le carnage). 

 

 

 

 

 
Encore un qui n'a pas l'air de bien comprendre ce qui lui arrive. 
 

 

 

 

 

 Les gongs qui rythment la lente procession.

 

 

 

 

 Vue d'ensemble, avec les cochons et les buffles offerts par cette autre délégation.

 

 

 

 

 
On a sorti pour l'occasion les plus belles tenues traditionnelles (sarongs brodés pour les femmes).

 

 

 

 

 

Ici aussi.

 

 

 

 

 

 Une fois les "cadeaux" présentés et évalués (et la délégation restaurée), lesdits "cadeaux" sont évacués et entraînés un peu à l'écart, pour être remis aux mains de spécialistes qui vont les saigner ... Cris et grognements difficilement supportables. 

 

 

 

 

 Spécialistes qui ont l'air de savoir ce qu'ils font.

 

 

 

 

 
Pendant que les uns s'affairent (plus haut), les autres attendent sagement la distribution.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Un peu plus loin, et il y a des dizaines comme cela.

 

 

 

 

 Ceux-là aussi attendent, mais sur le sentier et pour faire leur entrée, car il en arrive encore et toujours.

 

 

 

 

 La maîtresse de cérémonie.

 
 

 

 

 

 Quatre buffles et sept cochons pour cette délégation. C'est du lourd!

 

 

 

 

 Déposés sans ménagement (on l'a dit plus haut), et évacués sans davantage de ménagement. Là encore, cris et grognements épouvantables! Ce sont les jeunes garçons qui sont à la manoeuvre et ça ne rigole pas.

 

 

 

 

 Un vrai carnage!

 

 

 

 

 Ames sensibles, s'abstenir! On dépèce, on cuit... C'est qu'il y a plusieurs centaines de personnes à nourrir pendant trois ou quatre jours!

 

 

 

 

 Et ça arrive encore et toujours, en camion, cette fois. Il est temps pour nous de passer à autre chose, cela fait plus de deux heures et demie en effet que nous assistons un peu médusés à cet étrange spectacle... Sachant qu'aujourd'hui, ce sont les cochons, mais demain, ce sera le tour des buffles et la mise à mort des buffles, apparemment, c'est encore pire! En tout cas, nous voilà rassurés, l'âme de la défunte sera accompagnée (ou tirée) dans son voyage vers l'au-delà par une vingtaine de buffles et une centaine de cochons (c'est le nombre des animaux qui sera mis à mort durant ces deux jours, ce qui donne une indication sur le rang de l'intéressée). 

 

 

 

 

 Spectacle qui ne nous a pas coupé l'appétit pour autant. A Batutumonga (altitude 1300 m) nous découvrons de la terrasse du restaurant une superbe vue panoramique sur Rantepao (à 26 km par la route) et une bonne partie du pays Toraja.

 

 

 

 

 Un peu plus loin, à Lokomata, c'est un rocher circulaire d'une vingtaine de mètres de diamètre qui abrite une trentaine de tombes.

 

 

 

 

 Véritable cascade de rizières sur la route de Palawa.

 

 

 

 

 Palawa, à une dizaine de km au nord-ouest de Rantepao, est un des villages torajas les plus typiques. Nous y sommes accueillis par une averse.

 

 

 

 

 Impressionant, non? Il faut savoir que les buffles de Sulawesi passent pour être parmi les plus beaux de l'Asie du Sud-Est, et ils sont à ce titre l'objet d'un véritable culte dans l'île.

 

 

 

 

 Intérieur.

 
 
 
 
 

 

 Toiture (récente) en bambou.

 

 

 

 

 Toiture (nettement moins récente) en bambou, et végétalisée.

 

 

 

 

 Dernière vue d'ensemble avant de quitter le village de Palawa (et après l'averse).

 

 

 

 

 Autre village aperçu de loin sur la route du retour. 

 

 

 

 

 Photo prise au téléobjectif.

 

 

 

 

 
Résultat surprenant du croisement des traditions locales et du christianisme en pays toraja.
 
 
 
 
 
 

 Retour en fin d'après-midi à Rantepao, qui n'est en fait qu'un gros bourg et ne présente aucun, mais alors aucun intérêt touristique. Cette place peut-être considérée comme le centre de la ville. 

 

 

 

Le 18 mars

 Aujourd'hui, c'est le circuit sud et ses célèbres tau-tau. Départ à 9 heures de l'hôtel, direction Lemo, à une dizaine de km de là, probablement le site le plus visité de Tana Toraja (le pays toraja): C'est une paroi rocheuse avec des tombeaux creusés dans la roche et les statues des morts (les tau-tau) installées dans des sortes de balcons creusés eux aussi dans la paroi. Les bras tendus, les tau-tau semblent s'adresser et interpeller les touristes de passage. C'est aussi l'un des sites les mieux entretenus: dès qu'un tau-tau est volé (eh oui!), il est remplacé.  

L'inhumation des restes (les os qu'on aura nettoyés et placés dans un cercueil) du défunt se déroule quelque temps après la cérémonie des funérailles. On dépose le cercueil dans la grotte ou dans la cavitée creusée dans le roc, et on installe l'effigie, aussi ressemblante que possible, du mort au balcon. Ainsi on en gardera le souvenir, et la statue protègera de là-haut toute la famille.

 

 

 

 

 Les voilà.

 

 

 

 

 D'autres.

 

 

 

 

 Effigies (de remplacement?) en vente dans une boutique à proximité.

 

 

 

 

 Nous sommes à Kembina, quelques kilomètres plus loin: tombes d'enfants (de moins de deux mois) creusées dans un tronc d'arbre. Enterrés debout, les enfants grandiraient avec l'arbre et se rapprocheraient en même temps du ciel...

 

 

 

 

 Bel exemplaire de coq (de combat)! car les Indonésiens sont de grands amateurs de combats de coqs, et eux aussi sont l'objet de toutes les attentions.

 

 

 

 Entrée d'une grotte à Tampangallo. Encore un site que je mets quiconque au défi de trouver tout seul (je parle des touristes).

 

 

 

 

 Y'a du monde au balcon, dans cette grotte!

 

 

 

 

 On voit les sarcophages juste devant; beaucoup d'autres, en plus ou moins bon état, traînent à terre.

 

 

 

 

 Maison traditionnelle en construction.

 

 

 

 

 Là aussi, ça se bouscule. Nous sommes à Suaya, à une trentaine de km au sud de Rantepao, sur l'un des sites les mieux préservés. 

 

 

 

 

 Au téléobjectif.

 

 

 

 

 Encore un qui ne perd rien pour attendre! Photo intéressante car elle réunit (riz et buffles) ce que les habitants du Pays toraja accumulent tout au long de leur vie dans la perspective de leurs funérailles.

 

 

 

 
 

 Il est un peu plus de 13 heures, nous sommes à Makale, la capitale administrative du pays Toraja. Rien de particulier dans cette ville, sinon cette partie de billes qui semble passionner ...

 

 

 

 

... et le marché.

 

 

 

 

 

 

 

.. Marché qui, comme dans tous les pays du monde, est l'occasion de quelques belles photos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Madame a du mal à cacher qu'elle a récemment mâché du betel.

 

 

 

 

 La célèbre Bintang.

 

 

 

 

 

 

Nous sommes maintenant sur le chemin du retour. Arrêt à Londa, site funéraire des descendants du chef toraja Tangdunoq. Les tau-tau surveillent l'entrée des grottes où les cercueils et les sarcophages s'entassent dans un incroyable désordre.

 

 

 

 
 
 
 

 

 Dernière halte (qui se prolongera quelque peu pour cause d'averse) à Kete Kesu, autre village très joli, mais qui tend à devenir touristique (boutiques dans pas mal de maisons). Sur la photo nous voyons les greniers à riz qui font face à la rangée des maisons et pour l'instant, à part nous, il n'y a personne.

 

 

 

 

 Photo prise juste à côté, photo qui sera en fait la dernière prise au Pays toraja.

Nous rentrons en effet à Rantepao vers 16h30, sous une pluie battante, et se pose alors la question de la suite du programme: nous sommes le 18 et devons par précaution être à Jakarta le 22, la veille du départ pour Paris. Or, il nous reste une étape, à laquelle nous tenons, Bira, tout au sud, et s'y rendre par la côte est (nous sommes "montés" par la côte ouest) prendra d'après les guides beaucoup plus de temps que pour venir ici - et les bus ne partent que le matin, alors qu'il y a un départ pour Rentapao ce soir à 21 heures: Nous pourrions, en partant ce soir, gagner au moins une journée!

C'est décidé, nous partons, d'autant qu'il pleut, que nous avons vu l'essentiel et qu'après ces  deux journées - certes passionnantes, mais passées tout de même dans un environnement pour le moins macabre - nous avons envie de terminer notre séjour en Indonésie sur une note plus gaie et ensoleillée...

Vite, les billets, les bagages, la note de l'hôtel, puis nous allons manger une des meilleures soupes jamais ingérées dans un petit truc de rien du tout juste à côté et, à 20h 40 précises, le bus passe nous prendre à l'hôtel. C'est pas beau?  21h + 9h30 de trajet, ça fait vers 6h30 à Makassar, donc vers midi si tout va bien à Bira... Super.

 

Nuit dans le bus, il pleut et le chauffeur roule comme un fou, doublant tout ce qui se présente, si bien qu'après avoir somnolé tant bien que mal,  nous sommes réveillés à 4h30 du matin par un fort ralentissement: le bus pénêtre dans le terminal de la compagnie LITHA à Makassar, désert et lugubre à cette heure-là. Personne, pas le moindre taxi, rien.

 

Le 19 mars

Nous en trouvons finalement un, qui nous dépose à 5h10 au terminal des bus pour Bulukumba, de l'autre côté de la ville et lui aussi désert, et, à peine arrivés, nous sommes abordés par un quidam à moto qui, une fois connue notre destination finale (Bira), nous entraîne quelques rues plus loin où est garée la voiture photographiée ci-dessous. Destination Bulukumba, Bira. Impeccable! Des gens sont l'intérieur et attendent; le prix une fois négocié, nous nous installons, et, dès que le véhicule est suffisamment rempli, nous voilà partis!!!! (il est 5h30, l'affaire semble bien engagée, nous sommes même en avance sur l'horaire).

 

 

220 km, dans l'obscurité d'abord et à une vitesse folle, avec de fréquents arrêts - il s'agit de rentabiliser au maximum le transport - et sur une route parfois improbable... Voici la voiture, photographiée lors d'une halte.  

 

 

 

 

 Eh bien, dans cette voiture roulant à tombeau ouvert, il y a eu jusqu'à 12 personnes à la fois (dont nous sur le siège arrière, plus un coq et les bagages!!!), le chauffeur étant assis sur l'un des trois passagers installés sur la banquette avant.

Halte prolongée à Bulukumba (il faut renégocier), puis, à 9h45 (soit juste un peu plus de 12h après notre départ de Rantepao, ce qui est tout à fait inespéré) nous sommes déposés à notre demande à l'hôtel Sapolohe, très bel hôtel sur la plage de Bira, assez cher (pour l'Indonésie)... et aux prestations lamentables (eau au compte-goutte, télé h/s, service nullissime). Tractations, négociations, nous décidons néanmoins de rester car la situation de l'hôtel sur la plage est absolument fabuleuse, et le temps magnifique. Le paradis sur terre.

 

 

 

 

Ceci est le bâtiment principal, nous sommes les seuls et passerons ici 3 nuits.

 

 

 

 

 
La vue de la chambre (au loin, l'île de Linkang Loe).
 
 
 
 
 
 

 

 Juste à côté.

 

 

 

 

Voici la véritable raison de notre venue dans cet endroit: les chantiers navals où sont construits les fameux bugis que nous avons vus à Jakarta et Makassar. C'est ici, à Maru Masa, et à Tanah Beru (on le verra plus tard) qu'envers et contre tout, au milieu des cocotiers, on continue à les construire. 

 

 

 

 

 Découpe à la tronçonneuse des poutres en teck. Impressionnant. Sur un des bateaux en construction s'affaire - avec une équipe d'artisans locaux - un couple de Français qui a tout lâché en Europe il y a deux ans et achève son bateau. Il y a aussi des Allemands sur les chantiers alentour. 

 

 

 

 

 Le petit port de Bira, c'est là que l'on procède à l'aménagement intérieur des bateaux. 

 

 

 

 

 Il est 18 heures. Coucher de soleil sur la mer de Florès.

 

 

 

 Le 20 mars

 Nous avons embarqué à bord de ce petit bateau qui fait la liaison avec l'île de Linkang Loe (c'est la quatrième des îles de l'archipel indonésien qu'avec Java, Bali et Sulawesi nous aurons foulée).

 

 

 

 

 Nous nous en approchons.

 

 

 

 

 Opérations de débarquement. Madame est à la manoeuvre.

 

 

 

 

 Endroit paradisiaque que cette île du bout du monde. 

 

 

 

 

 Toujours le même accueil (à l'entrée de l'école)....

 

 

 

 

 Comment se fait-il que le Club Med n'ait pas pensé à s'installer sur cette île?L'eau est d'une propreté et d'une limpidité extraordinaires, en plus elle est chaude, le sable est blanc, il n'y a personne... (Bon, un effort pourrait être fait du côté des installations de plage...).

 On l'aura compris, c'est la journée de la bulle...

 

 

 

 

 Coucher de soleil, presqu'aussi beau que le ciel étoilé qui a suivi!

 

 

 

Le 21 mars

 Après un démarrage de la matinée plutôt pépère, nous trouvons le bémo qui fait la liaison Bira - Bulukumba, nous prenons place et nous mettons en route - assez lentement - pour Tanah Beru (à 15 km de là). Il fait une chaleur horrible, là-dedans.

 

 

 

 

 Nos compagnons de route.

 

 

 

 

 Nous voici au chantier naval de Tanah Beru, le plus célèbre de Sulawesi. Certains des bateaux/voiliers en construction font 200 à 300 tonnes, ils sont construits à l'ancienne, par de petites équipes qui travaillent sans aucun plan. Ça n'a rien, c'est sûr, des chantiers Bénéteau, c'est même un peu la zone, ça prend du temps, mais le résultat est certainement convainquant. 

 

 

 

 

 Un des mastodontes en construction.

 

 

 

 

 Aucun clou, rien que des chevilles...

 

 

 

 

 On les voit bien ici (les chevilles).

 

 

 

 

 Un autre mastodonte...

 

 

 

 

 Une partie du chantier vue sous un autre angle; visiteurs.

 

 

 

 

 Un des charpentiers de marine.

 

 

 

 

 La cabine du bémo qui nous ramène à Bira...

 

 

 

 

 Il s'agit d'en profiter, dans deux jours nous retrouvons les brumes du Nord.

 

 

 

 

 Ambiance décontractée, sourires, c'est vendredi aujourd'hui.

 

 

 

 

 Il va y avoir du monde sur la plage, voici les bouées.

 

 

 

 Effectivement, la plage s'anime en cette fin d'après-midi. 

 

 

 

 

 Dernière soirée, dernier coucher de soleil (et dernière nuit étoilée)...

 

 

 

Le 22 mars

 

 Il est 6h 30, nous partons dans 10 mn. Photo avec l'équipe de bras cassés de l'hôtel avec lesquels nos relations se sont quelque peu améliorées; c'est eux qui nous ramènent (pour 60 euros environ) à Makassar.

 

 

 

 

 Bien étrange cocotier aperçu en route.

 

 

 

 

 Quelque part entre Bulukumba et Bantaeng.

 
 
 

 

 Le hall de l'aéroport (ultramoderne) de Makassar. Décollage à 16h45, une heure et demie de vol, taxi et à 18h30 nous retrouvons "notre" hôtel à Jakarta.

 

 

 

 Makassar - Jakarta, cap à l'ouest.

 

 

 

Le 23 mars

 Au premier plan, l'hôtel Ibis Arcadia; la photo est prise de l'Ibis Tamrin, juste à côté. Architecture identique.

 

 

 

 Matinée consacrée aux derniers achats: nous nous baladons sur Jalan Tamrin et en profitons pour jeter un coup d'oeil à ses malls dernier cri (où sont représentées toutes les grandes marques internationales, voir ci-dessous). Nous faisons nos emplettes au Sarinah Department store, véritable caserne d'Ali Baba.

 

 

 

 Par exemple...

 

 

 

 Il nous reste du temps, vite, nous filons en taxi vers les quartiers nord, dans l'ancienne Batavia (pas très loin en fait de Sunda Kelapa vu à l'aller).  Nous sommes ici sur la place Taman Fatahillah, l'ancienne place de l'Hôtel-de-ville de Batavia, avec le musée Fatahillah (le musée historique de Jakarta dont le bâtiment date de 1710).

 

 

 

 Courte balade dans les vieilles rues bruyantes et passablement polluées alentour, puis une dernière Bintang au très célèbre café Batavia, véritable institution dans le vieille ville.

 

 

 

 Quelques unes des centaines de photos qui ornent les murs, tous les murs, toilettes comprises.

Retour à l'hôtel en traversant le quartier (ou ce qu'il en reste...) chinois de Glodok. "Ce qu'il en reste" car le quartier a été complètement dévasté en 1998 (les 13 et 14 mai) lors des émeutes qui ont pris pour cible les Indonésiens d'origine chinoise (plus de 1200 morts) et ont entraîné la chute de Suharto. Beaucoup des maisons, magasins et édifices pillés ont été laissés en l'état, à quoi bon reconstruire si cela doit se reproduire (?!?!).

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L'avion pour Amsterdam décollant à 19 heures, nous avons commandé un taxi pour 15h30 pensant avoir largement le temps... Et il s'en est fallu de très peu que nous ne manquions l'avion, pour cause d'embouteillages tout au long du trajet. Epouvantable! Décollage à 19h10, arrivée à Kuala Lumpur (à 1127 km de là) à 20h40, redécollage à 23 heures, arrivée à Amsterdam (à 10248 km de là) à 4h55 le 24, arrivée à Roissy à 7h45.  
 
 
C'est la fin d'un superbe voyage, l'Indonésie est un pays magnifique et les Indonésiens, des gens charmants, serviables et si gentils! Sûrement à bientôt!