De la Grande mosquée de Damas aux rives de l'Euphrate.

 

 

  Les 14 jours pleins sur place (dont 12 au volant de "notre" Nissan Sunny - pour 2574 km) nous ont permis de disposer de suffisamment de temps pour profiter pleinement des ressources touristiques du pays. Nous avons effectué le circuit triangulaire classique (avec prolongement vers les frontières irakienne, turque et israélo-jordanienne) dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, de sorte à mieux moduler les trajets et étapes en fonction du temps disponible.

 


Les pointillés noirs indiquent la partie N°1 du voyage, les rouges, la 2ème partie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le 27 avril.

Décollage à 13h45 précises de Roissy, survol de Munich, Zagreb, Sofia, le plateau anatolien, la pointe de Chypre et Tripoli (Liban), atterrissage 4h10 plus tard (19h heure locale) à Damas. Transfert à l'hôtel, installation et premiers pas en soirée dans le vieux Damas,


et plus précisément, dans le quartier chrétien, situé à l'est de la vieille ville, si bien qu'à Damas nous fûmes réveillés le matin non pas par l'appel du muezzin, mais par le carillon des cloches.

Sur la photo, l'entrée de notre hôtel Al-Zaetona (anciennement "Old Damas", à proximité immédiate de Bab Touma), hôtel bénéficiant d'une bonne appréciation dans les guides, mais que nous n'avons estimé que correct et surtout cher (95 euros) compte tenu du niveau des prestations.

 


 

 

 

 

 

 

Le 28 avril

 C'est parti pour la découverte de la vieille ville... Nous remontons d'est en ouest la Rue Droite (du Nouveau Testament), qui fut aussi l'axe principal (decumanus) de la ville romaine. Cet arc romain, à la hauteur du patriarcat grec orthodoxe, marque le passage du quartier chrétien (à droite sur la photo) au quartier arabe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Du même endroit, sous un autre angle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En suivant la rue Droite, à laquelle  succède le souk Midhat Pacha (le tout sur un bon kilomètre), nous aboutissons au souk Zaghloul et à la rue Al-Thawra qui bordent la vieille ville à l'ouest. Ici, la Citadelle (en pleine restauration, on ne la visite pas) avec devant, faisant face à la rue Al-Nasr (photo suivante), la statue équestre de Saladin, vainqueur des Francs à la bataille de Hattin (lac de Tibériade, le 4 juillet 1187).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les taxis (sur la rue Al-Thawra), et la rue Al-Nasr en face. L'entrée du souk Hamidiyé et la vieille ville sont derrière moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le souk Hamidiyé, le plus célèbre de Damas est parallèle à la rue Droite; on le remonte sur 400 m environ et on parvient, ici, sur la photo, au propylée de l'ancien temple de Jupiter,

 

 

 

 

 

 

 

qui lui-même débouche sur l'esplanade de la mosquée des Omeyyades (ou Grande mosquée). Nous sommes un peu en avance (elle n'ouvre qu'à 10 heures)...

 

 

 

 

 

 

 

 ... l'occasion de faire quelques photos (ici, l'un des trois minarets de la mosquée, le minaret de Qait Bay construit en 1488 (art mamelouk).

 

 

 

 

 

 

 

Quelques pas également dans le quartier musulman de la vieille ville au nord de la mosquée, visite rapide des madrasas Adiliyé et Zahiriyé,

 

 

 

 

 

 

 


 ... coup d'oeil à l'intérieur du hammam Al-Zahiriya...


 

 

 

 

 

 

 

 et retour sur l'esplanade de la mosquée, ouverte cette fois-ci. A noter que se sont succédé à cet emplacement un sanctuaire dédié au dieu araméen Hadad, le temple romain de Jupiter et la basilique de Saint-Jean-Baptiste. La mosquée fut construite en 6 ans (706-715) et servit de modèle à de nombreuses autres (dont celle de Cordoue).

 

 

 

 

 

 

 

 Photo de la cour, prise du porche d'entrée. A gauche, l'édicule supporté par 8 colonnes lisses servait à entreposer le trésor de la communauté, à droite, le minaret dit de la "Fiancée" (12ème s.).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le porche d'entrée, au fond.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gros plan sur le minaret avec au premier plan un élément de décor (sur la colonne) qu'aucun guide ne mentionne... Vous n'en saurez donc pas davantage.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo prise de la cour; à gauche, la façade de la nef centrale, recouverte de splendides mosaïques (à tesselles en pierres colorées et en pâte de verre sur fond d'or). Au fond, le minaret de Qait Bay et, au premier plan, la coupole du kiosque qui abrite la fontaine aux ablutions.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci est le troisième minaret, celui de Jésus, duquel, selon une légende, descendra Jésus pour combattre l'antéchrist avant la fin du monde... Une légende, on vous dit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 La salle de prière, formée de 3 grandes nefs.

 

 

 

 

 

 

 

 

avec le tombeau de Saint-Jean (tombeau censé abriter le chef du saint qui, selon la légende, baptisa le christ....) devant lequel sont agglutinées des grappes humaines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les hommes à gauche, les femmes à droite, on est en terre d'islam, on ne se mélange pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

Scènes de ferveur (nous sommes toujours dans la Grande mosquée, dans une autre salle) et bousculade devant le tombeau de Hussein - fils d'Ali, le gendre du prophète - dont la tête aurait été rapportée à Damas après sa défaite contre les Omeyyades à Karbala (Iraq actuel).

 

 

 

 

 

 

 

 

Accolé à la Grande mosquée, le tombeau de Saladin que vous ne verrez pas car les photos sont interdites. Saladin (1138 - 1193), autrement appelé Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, kurde de naissance, principal adversaire des Francs, artisan de la reconquête de Jérusalem et à ce titre, héros de l'islam.

 

 

 

 

 

 

 

 

 A quelques centaines de mètres de la grande mosquée, la mosquée Rouqayya, reconstruite en 1993 par les Iraniens. Elle se dresse à l'emplacement d'un ancien tombeau d'une fille de Hussein, arrière-petite-fille du prophète. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Très nombreux pèlerins iraniens (chiites). Ici, scène de ferveur masculine dans la cour de la mosquée (il s'agit de tourner en rond, en chantant et en se frappant la poitrine en rythme, et le plus violemment possible...).

 

 

 

 

 

 

 

Voici le tombeau, très bling-bling... Les femmes sont de l'autre côté de la cloison. Ici aussi, étonnantes scènes de ferveur religieuse...

 

 

 

 

 

 

 

 

Pause-déjeuner en ce début d'après-midi chez Abou al-Ezz, restaurant populaire dans le souk Hamidiyé. 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sortons de la vieille ville, empruntons la rue Al-Nasr et aboutissons au complexe de la Soulaymania (fermé pour cause de travaux). Ici, la Takiya Soulaymania, madrasa construite en 1560 (sur les plans de Sinan) en l'honneur de Soliman le Magnifique. Pur style classique ottoman, exactement comme à Istanboul ou Edirne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 A deux pas de là, dans le souk de l'artisanat, une silhouette féminine se glisse discrètement à l'extérieur d'une bijouterie... Un casse? Non, des achats... Elle en a l'air très satisfaite, et le bijoutier aussi, ça tombe bien...


 

 

 

 

 

 


Retour vers la vieille ville; la mosquée Sinan Pacha et son minaret de briques vertes émaillées.  Mosquée malheureusement en très mauvais état, et fermée.

 

 

 

 

 

 

 

 Le souk Al-Sokarieh.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le même, un peu plus loin et en hauteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Coup d'oeil à l'intérieur du hammam Al-Nouri (souk Bzouriyé).

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nous touchons au but, après 8 heures de balade.  Nous sommes à l'extrémité est de la rue Droite, en plein coeur du quartier chrétien, tout près de bab Charqui et pas très loin de l'hôtel. Eglise ici grecque catholique.

 

 

 

 

 

 

Le 29 avril

 

Par les rues Qanayat Al-Hatab, et Al-Keimarié (quartier chrétien) puis Al-Nofara (arabe), nous rejoignons la Grande mosquée. Photo prise de la terrasse d'un café sur le souk Al-Qabaqbiya, avec vue sur le mur extérieur de la salle de prière, la coupole surmontant la nef centrale et le minaret Qait Bay.

 

 

 

 

 

 

 

 

Du même endroit, le fouillis des toits des habitations environnantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Direction le souk Bzouriyé, à deux cents mètres de là, et plus précisément le Palais Azzem (milieu 18ème s.). Il abrite aujourd'hui le musée des Arts et traditions populaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 La cour du haremlik (espace privé des demeures musulmanes où vivaient le pacha et ses épouses). A droite, le portique aux quatre colonnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Détail de la façade du haremlik.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'entrée de l'une des salles; on n'en verra pas plus, il est interdit de photographier à l'intérieur. D'autres salles présentent des reconstitutions (café populaire, salle de la mariée, de la belle-mère, pèlerinage).

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu plus loin,  le Khan Assad Pacha (souk Bzouriyé), construit en 1749 par le Gouverneur de Damas Assad Pacha Al-Azzem. Il a malheureusement perdu ses coupoles.

 

 

 

 

 

 

 

 

Négociant  photographié à deux pas de là.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Maktab Anbar, ancienne demeure du 19ème s. transformée en école par les Ottomans puis en caserne sous le mandat français.

 

 

 

 

 

 

 

 

Détail de la marquetterie de pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'iwan du bayt Nizam, riche demeure bourgeoise du 18ème s. dans le secteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Belle composition...

 

 

 

 

 

 

 

 

La cour du glacier Bakdash (souk Hamadiyé). Un monde fou, les glaces sont délicieuses et très bon marché.  Nous y sommes allés à trois reprises!

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nous poursuivons notre balade... A gauche, la citadelle (ce qu'il es reste) et au premier plan le Barada, qui prend naissance dans l'Anti-Liban puis irrigue Damas pour ensuite se perdre dans le désert....

 

 

 

 

 

 

 

 

La rue Sarouja, au nord de la vieille ville.

 

 

 

 

 

 

 

La rue Al-Thawra, son autopont avec le mont Qassioun à l'arrière-plan et ses taxis.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici aussi, exactement comme à Istanboul...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Barada canalisé, la place Marjeh et le "Four seasons" au loin.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il jouxte le complexe Soulaymania et se trouve juste en face du "Four seasons".

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'entrée du musée, avec les deux tours reconstituées du palais omeyyade de Qasr al-Hayr al-Gharbi, transportées pierre par pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Visite très intéressante, en effet, sauf qu'il est interdit de photographier...  Les collections proviennent pour l'essentiel des sites d'Ougarit, Ebla, Mari et Palmyre (comme ici).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ou ici. 

 D'Ougarit (que nous visiterons aux environs de Lattaquié), nous verrons le fameux premier alphabet cunéiforme, gravé sur une tablette de la taille d'un doigt, de Mari, les célèbres statues d'Orants et de Doura Europos, les magnifiques fresques de la synagogue.

 

 


 

 

 

 

 

 

Photo prise avec la complicité du gardien... Sous la salle des mosaïques, voici reconstitué l'hypogée de Yarhai (2ème s. apr..J.C., Palmyre).

 

 

 

 

 

 

 

 

 Retour vers le quartier chrétien par la rue Al-Keimarié, très agréable axe commerçant est-ouest.

 

 

 

 

 

 

 

 

Eh oui, c'est un de mes péchés mignons... c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher.

 

 

 

 

 

 


La cour intérieure (couverte) de notre hôtel. Fin de notre séjour à Damas, nous quittons la ville demain matin pour y repasser rapidement le 11 mai en fin d'après-midi. 

 

 

 

 

 

 

Le 30 avril

Nous récupérons "notre" voiture à 9h30. Le temps de me réhabituer à la conduite automatique et de cafouiller un peu à la sortie de Damas (signalisation essentiellement en arabe), et nous voilà partis pour Palmyre (direction nord-est), à 247 km de là. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est nous...

 

 

 

 

 

 

 

 

 Temps couvert ce matin, alors que nous progressons sur une route peu fréquentée. Mosquée au milieu de nulle part...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eh oui! Nous sommes sur la voie de communication principale entre Damas et Bagdad.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Noeud routier (toujours aussi peu fréquenté) à 120 km environ de Damas. Univers minéral, avec, sur notre gauche (nord) le djebel An-Nasrani (ici), et à notre droite (sud), le désert de Syrie. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivée en tout début d'après-midi à Palmyre. La météo étant défavorable, aussitôt après notre installation à l'hôtel Tetrapylon (nous avons eu la chambre 504, avec vue formidable sur l'ensemble du site...), nous entreprenons une première exploration (photos, pour le cas où...).

 

 

- PALMYRE -

 

 Palmyre... Assurément le site le plus extraordinaire en Syrie. Palmyre est en fait une oasis, surgie de nulle part en plein milieu du désert syrien, où faisaient étape les caravanes entre la vallée de l'Euphrate et les ports de la côte méditerranéenne (notamment Antioche). Caravanes en provenance de la Mésopotamie, d'Inde, d'Arabie, d'Anatolie etc... qui firent la fortune, à partir du début du 2ème s. apr. J.-C., de la cité.

 

La reine Zénobie.

Zénobie accède au pouvoir en 266, après l'assassinat de son mari (le gouverneur Odenath) et de son fils héritier.  Bizarre, bizarre... "La plus noble de toutes les femmes de l'Orient et la plus belle" devient reine, conquiert l'Egypte et pousse jusqu'en Asie mineure, ce qui indispose l'empereur Aurélien qui prend la tête d'une expédition contre les palmyréens et les bat à Homs. Zénobie est capturée et disparaît plus ou moins, la cité est mise à sac par les troupes d'Aurélien, Dioclétien en fait une ville de garnison et peu à peu la ville sombre dans l'oubli. Elle est "redécouverte" en 1749 par deux voyageurs anglais, il faudra attendre le mandat français pour que le site soit dégagé.


 

 Incroyable, mais vrai... L'accès au site (sauf le sanctuaire de Bêl -  ci-dessus - et le théâtre) est gratuit!!! Le site est même carrément traversé par la route qui mène à la ville moderne, et est parcouru en permanence par les vendeurs à la sauvette motocyclistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une partie de la célèbre grande colonnade (2ème s. apr. J.-C.). 25 m de large sur 1 km de long!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En son milieu, le tétrapyle, sorte de carrefour destiné en fait à masquer la très légère incurvation de la colonnade vers la droite. Les colonnes (il en reste une seule d'origine) viendraient d'Assouan en Haute-Egypte.  

 

 

 

 

 

 

 

 

Madame et l'un des négociants motocyclistes avec qui elle fit affaire, à la satisfaction - encore une fois - des deux parties...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La colonnade aboutit à un temple funéraire (à gauche). A l'arrière-plan, sur son piton rocheux, le château arabe.

 

 

 

 

 

 

 

 

Détail d'une corniche sculptée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dîner dans une tente de bédouins. Nous attendons les hôtes annoncés.

 

 

 

 

 

 

 

Les artistes (chants à gauche et danses à droite) sont en scène.  Prestation jugée insuffisante par la bande de joyeux fêtards que l'on va voir sur les photos suivantes.

 

 

 

 

 

 

 

Il s'agit en fait d'une bande d'une quarantaine de joyeux lurons (de Lattaquié) venus passer le week-end à Palmyre. On ne voit sur les tables que des bouteilles d'eau, mais il y avait aussi whisky et vodka.

 

 

 

 

 

 

 

Eh oui, ça devait arriver...

 

 

 

 

 

 

 

 

 Même moi...

 

 

 

 

 

 

 

 

Granny a eu un sérieux ticket avec le "pater familias"...

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas l'ombre ce soir-là d'un voile, ni d'un niqab, ni d'une burka... Il est vrai que les habitants de Lattaquié en particulier sont connus pour s'affranchir allègrement des prescriptions du coran, et nos amis, d'ailleurs, sont-ils musulmans (forte minorité chrétienne à Lattaquié)?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une voix magique.... c'est lui qui, accompagné d'un seul synthé, a enchanté la soirée.

 

 

 

 

 

 

 

Le 1er mai

 

  Les prévisions météo se sont avérées fausses, il fait un temps splendide! 1ère photo (au zoom) de la chambre. Abandonnant Madame, je me précipite à 6h45 avec mon Canon pour "la" séance photos.


 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci est l'arc monumental qui marque l'entrée du site. Derrière moi, la route et le sanctuaire de Bêl.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tétrapyle, déja vu hier, avec le château arabe à l'arrière-plan. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le château, au zoom.

 

 

 

 

 

 


 

Le même, avec l'extrémité ouest de la grande colonnade.

 

 

 

 

 

 

 

 

 C'est tout ce qui reste de cette colonne.

 

 

 

 

 

 

 

 

La nécropole (à quelques centaines de mètres à gauche du site), constituée de tours funéraires (1er siècle av. J.-C.). Photo prise au zoom.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeune bédouin perché sur le temple funéraire à l'extrémité de la colonnade. 

 

 

 

 

 

 

 

 


9h15. Visite, avec Madame, du sanctuaire de Bêl, le monument le plus grand et le mieux conservé de Palmyre. L'enceinte fait 200 m x 200 m et fut modifiée (renforcée) en 1132 lorsque le sanctuaire fut transformé en citadelle. Ici, à droite, le bastion d'entrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Réemploi, à cette fin, des colonnes antiques, préalablement saucissonnées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une partie de la (double) colonnade sud.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y en a des dizaines comme cela...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Femmes au visage voilé sur un des deux linteaux du péristyle, à l'entrée du temple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Magnifique dentelle...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour au site principal: le mur de scène du théâtre (très restauré).

 

 

 

 

 

 


 

L'amphithéâtre (14 rangs de gradins seulement).

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons le site proprement dit et gagnons à pied (quelques centaines de mètres) la nécropole. Ici, le tombeau-tour de Jamblique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous allons jusqu'au tombeau d'Elhabel (à 1 petit km de là, mais il fait très chaud!!) et prenons ensuite la direction de la citadelle (le château arabe)... à pied. Rencontre en chemin.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous y voilà. Nous sommes visiblement les plus courageux, les seuls à l'avoir atteint à pied, tous les autres se font déposer en taxi ou en bus...

Du château la vue sur le site archéologique (en contrebas, vers l'est) est somptueuse, elle s'étend d'ailleurs bien au-delà de l'oasis (premier centre de production de dattes en Syrie), à l'ouest la vue sur les montagnes est tout aussi belle.


 

 

 

 

 

 

 

On distingue au premier plan l'enceinte, juste derrière elle, au milieu, le temple funéraire et la colonnade, avec le sanctuaire de Bêl tout au fond, et à droite, les vestiges du temple aux Enseignes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour au site, ensuite une bonne bière au Palmyra Cham Palace et visite du musée archéologique. Le sarcophage sur la photo (les visages et la tête ont été détruits) se trouve à l'entrée du musée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous remontons (en voiture cette fois) au château pour le coucher de soleil. La ville moderne.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le site (sanctuaire de Bêl et colonnade jusqu'au tétrapyle).

 

 

 

 

 

 

 

 

Les montagnes de l'autre côté.

 

 

 

 

 

 

 

 

Juste un dernier coup d'oeil, nous partons demain matin aux aurores...

 

 

 

 

 

 Le 2 mai

 

 Direction Deir ez-Zor sur l'Euphrate, à 200 km précisément de Palmyre (Photo prise exactement à mi-chemin). Une fois à Deir ez-Zor, nous contournons la ville, et suivons ensuite le cours de l'Euphrate (sans trop le voir) sur 85 km, en direction du sud, vers la frontière avec l'Iraq. Nous ne voyons pas le fleuve, mais les champs très verts dans la vallée, les canaux d'irrigation et l'intense activité agricole dans les villages traversés attestent sa présence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir quitté la vallée et l'avoir longée quelque temps sur le bord du plateau désertique, nous atteignons le site de Doura Europos.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci est l'entrée du site, à 500 m environ à gauche de la route menant à Abu Kamal. Sur la photo, la façade ouest du rempart (700 m de long environ), dissimulée par des monticules de pierres et de sable.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le même rempart, vu de l'intérieur du site. La ville a été fondée par un lieutenant d'Alexandre le Grand, en 303 av. J.-C. sur une haute falaise dominant l'Euphrate. Après 2 ou 3 siècles de prospérité, la cité est prise en 165 apr. J.- C. par les Romains, puis, après sa mise à sac en 256 par Shahpur 1er au cours de sa campagne contre Rome, elle tombe dans l'oubli. C'est en 1920 que tout à fait par hasard elle est "redécouverte" par des soldats britanniques.

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Le plan du site.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Vue d'ensemble, il ne reste en fait que les soubassements des édifices.

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'Euphrate et sa vallée, vus du haut des remparts de Doura Europos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Même chose, avec les murs de la citadelle côté Euphrate.


 

 

 

 

 

 

 

C'est ici que se dressait la synagogue de Doura Europos, c'est d'ici que viennent les magnifiques fresques que nous avons admirées au Musée national de Damas. Elles étaient apparemment sous terre et on se demande en voyant ces ruines bien comment elles ont pu nous parvenir dans un état de conservation aussi bon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20 km plus loin, juste avant Abu Kamal, nous arrivons à Mari, cité mésopotamienne fondée au début du 3ème millénaire av. J.- C. pour contrôler les voies caravanières et fluviales.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le site se présente sous la forme d'un vaste tumulus du sommet duquel on a une vue d'ensemble. La cité antique s'inscrivait parfaitement dans un cercle d'un rayon d'un kilomètre, en hauteur et un peu à l'écart du fleuve (risques d'inondation).

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci est la cour (à ciel ouvert) de l'enceinte sacrée (palais du 3ème millénaire), protégée, elle, par une couverture translucide. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici, le couloir qui fait le tour de l'enceinte sacrée et qui y mène. Et dire que ces briques ont plus de 4 000 ans et que nous sommes les seuls à les admirer, car à part nous, personne ici et quasiment personne à Doura Europos!

 

 

 

 

 

 


 

Il ne nous reste plus qu'à revenir à Deir ez-Zor (120 km) en remontant le cours de l'Euphrate et trouver un hôtel pour y passer la nuit (ce sera le Ziad). Véhicule "customisé", comme beaucoup tout au long de l'Euphrate.

 

 

 

 

 

 

 

 

Deir ez-Zor : Rien à voir, disent les guides et les Syriens eux-mêmes... Nous, en revanche, nous y avons fait une étape très agréable et avons trouvé ses habitants particulièrement ouverts et souriants (à l'image de ces jeunes filles).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fierté de la ville est ce pont sur l'Euphrate, construit par les Français en 1924. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pont-promenade et guinguettes au bord de l'eau, sur chacune des rives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Je vous l'avais dit...

 

 


 

 

 

 

Le 3 mai

 

 Départ aux aurores, direction Arraqqa. Il se pourrait que ce soir nous soyons à Alep (à 315 km de là et nous n'avons pas d'hôtel...), sans compter trois sites à visiter en cours de route. Pas de temps à perdre, donc. Panneau photographié à la sortie de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

Autre véhicule haut en couleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

A 50 km de Deir ez-Zor, nous prenons une petite route sur la droite et aboutissons à la citadelle d'Halabiyé (Zénobia).  Le site avait été fortifié par Zénobie, la reine de Palmyre et l'enceinte, qui descend jusqu'à l'Euphrate, remonte au 6ème s. (Justinien).

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Euphrate, assez profondément encaissé ici. L'intérêt stratégique de la citadelle saute aux yeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La rive opposée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La ville d'Arraqqa ne présentant pas d'intérêt particulier, nous la laissons de côté et poursuivons en direction d'Alep, à 200 km de là, sur une route qui est maintenant une "autostrada" (quatre voies de circulation).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Voie rapide que nous quittons à Al-Mansourra pour rejoindre le site de Rassafa, à 25 km de là, sur la route d'Homs. Nous sommes en plein désert, loin de tout, et voilà que surgit des sables et des cailloux une imposante muraille qui forme un carré d'environ 500 m x 500 m. Sur la photo, le site vu de l'intérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rassafa ou la cité du désert, poste-frontière (construit au 1er s. apr. J.-C.) aux marches de l'Empire romain. C'est le culte de saint Serge à l'époque byzantine (6ème s.) et la sépulture du saint qui attirèrent les foules jusqu'au 13ème s., date des invasions mongoles qui ruinèrent ce lieu de pèlerinage. Sur la photo, ce qui reste de la cathédrale saint Serge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La cathédrale vue de plus près. Elle fut consacrée en 559.

 

 

 

 

 

 

 

 

Coupe transversale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'une des quatre citernes (57 m de long x 21 de large et 15 de profondeur), qui pouvaient contenir 20 000 m³ d'eau; mais d'où une telle quantité d'eau pouvait-elle bien venir?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le martyrium de saint Serge (l'une des cinq églises que comptait Rassafa).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes à l'extérieur du site, et, après cette photo et un rapide en-cas, nous reprenons la route: direction Al-Massoura où nous rejoindrons la M4, puis Al-Thawra (à 20 km de là par la voie rapide) d'où nous gagnerons le lac Al-Assad. Nous projetons de faire une halte dans un petit restaurant sympa (les guides) au bord du lac et au pied du Qalaat Djabar.

 

Nous ne verrons ni le lac, ni le château, ni le resto mais passerons toute l'après-midi et la soirée (en ce qui me concerne), jusqu'à 2 heures du matin, dans cette pièce du poste de la police de la route d'Al-Thawra (pas mal, non? le bureau du chef de la police d'Al Thawra...)

 


 

Que s'est-il passé? Après avoir rejoint la M 4 à l'entrée d'Al-Mansoura, nous traversons la localité à allure modérée (je l'estime à 60-70 km/h), sachant que personne en Syrie ne respecte les limitations de vitesse ( je viens, par exemple, de me faire doubler par un gros camion). De chaque côté de la voie rapide (2 x 2 voies séparées par un petit terre-plein), des contre-allées (un peu comme devant chez nous à Marcq, mais en moins large et moins formel) où s'effectuent les allées et venues locales, où on trouve l'animation habituelle des villages et villes arabes.

J'avance donc tranquillement lorsque je dois déboîter pour doubler un camion à l'arrêt sur la voie de droite (!). Juste devant le camion, un minibus à l'arrêt lui aussi (!), je le passe, et au moment où j'arrive à la hauteur de son avant, tel un chat traversant la route devant une voiture, un gamin jaillit de la droite, dans l'intention de traverser en courant et, horreur! je le prends quelque part entre le phare avant droit et la roue... Il ne m'avait pas vu à cause du camion et du minibus, il n'avait d'ailleurs pas regardé du tout, et moi, à cause du même camion et du même minibus, je ne pouvais absolument pas le voir. Il est très précisément 13h05.

A côté de moi, sur le siège passager, je vous dis pas... Je me gare en freinant à mort, et j'ai juste le temps de voir dans le rétroviseur le gamin regagner, en se traînant comme il peut, le bord de la chaussée ("Ouf! il n'est pas mort", c'est ce qui me vient tout de suite à l'esprit, en effet, un centième de seconde plus tard, il passait sous la voiture!!!). Nous sortons, et aussitôt, bien sûr, la voiture et nous-mêmes sommes encerclés par une foule (exclusivement masculine) à la fois bruyante et silencieuse, surtout curieuse. Personne ne parle anglais ou français (nous sommes dans une petite localité rurale), nous demandons à plusieurs reprises que l'on appelle la police, ce que certains font, me fait-on comprendre, avec leur portable. Imaginant qu'un constat serait fait en bonne et due forme, je relève - malgré l'opposition agressive de son conducteur - le n° d'immatriculation du minibus (que faisait-il là?), et nous attendons au milieu des palabres et des commentaires... Le gamin, lui, a disparu et moi, en tout cas, je ne le verrai plus.

Nous attendons, entourés de toutes parts et, au bout d'un quart d'heure environ, arrivent, essoufflés, trois policiers qui rapidement nous font comprendre que nous devons les suivre et dispersent la foule. L'un d'eux, pour être sûr, s'installe devant, à côté de moi. Donc, pas de constations sur place, pas de collecte de témoignages... Nous sommes amenés au poste de police d'Al-Mansoura où visiblement on ne sait pas trop quoi faire de nous. Nous sommes invités à nous asseoir et à attendre. Le chef se donne visiblement de l'importance, il prend un air concentré et affairé,  passe des coups de téléphone; avec son front bas, il a surtout l'air buté et borné. Pas mal d'allées et venues autour de nous, de regards surtout curieux et parfois un rien compatissants, examen de la voiture (qui n'a rien!), nos passeports, mon permis de conduire international sont examinés sous toutes les coutures (y comprennent-ils au moins quelque chose?)... Nous en profitons pour passer nos premiers coups de téléphone. Europcar d'abord (qui nous dit, au deuxième appel, "on vous envoie tout de suite quelqu'un", mais vont-ils vraiment le faire? ); l'ambassade de France tout de suite après (réaction d'abord alarmiste :"Aïe, c'est deux mois...!" que je me garde bien de transmettre à ma tendre et chère) puis on me met en relation directement avec le consulat d'Alep où le consul - que j'ai au bout du fil - prend l'affaire en main, il écoute  ma relation des faits et me donne les premiers conseils, ainsi que son N° de portable ("jour et nuit"), Edouard à Londres - dont on sait qu'il réagira avec calme et sang-froid - puis l'ambassade de Grande-Bretagne. On a bien compris maintenant qu'on est dans le pétrin et que l'on risque d'y laisser des plumes. A toutes nos questions aux policiers, le même signe de la main ("Wait"). Nous attendons donc.

Arrive sur le coup de 15 heures un supérieur, agitation, nouvelles palabres et nouvelles allées et venues, puis nous sommes invités à le suivre au poste de la police de la route d'Al-Thawra, à 20 km de là.  A nouveau un policier à côté de moi et Madame derrière. Installation dans son bureau (plutôt confortable, voir la photo), nouvelle curiosité (beaucoup de monde, décidément, dans ces bureaux de police, en uniforme, en civil), on s'active, on échange, chacun donnant visiblement son avis tout en nous regardant en coin, et nous, nous ne comprenons rien et ça, c'est très pénible... Les passeports sont épluchés, les visas examinés (?)... Bon, ça ne sert visiblement à rien de s'impatienter ou de s'énerver, nous ne sommes plus tout à fait maîtres de notre destin, nous essayons de bouquiner entre deux coups de fil, nous rechargeons nos portables (très important!), bref, la fin de notre séjour en Syrie semble compromis. On introduit vers 17 heures quelqu'un qui se présente comme le professeur de français au lycée d'Al-Thawra; soulagement, nous allons essayer d'en savoir un peu plus sur ce qui nous attend, et sur l'état du gamin, d'autant que ce professeur parle un très bon français, entretenu lors de deux séjours à Besançon; il fait surtout tout ce qu'il peut pour nous rassurer. Je peux enfin commenter le croquis  que j'ai déja fait à plusieurs reprises, préciser les circonstances de l'accident , mais je ne suis pas sûr que cela serve à grand chose. Le chef du poste a l'air plutôt ouvert et sympathique, mais bon, il fait son boulot. Nous apprenons enfin que le gamin a été transporté à l'hôpital d'Ar Raqqah et qu'il aurait les deux jambes cassées. Certes c'est grave, mais cela aurait pu être pire, bien pire... La déposition est faite avec l'aide de l'interprète, nous essayons d'être le plus  précis possible, nous pinaillons un peu (ce n'est pas nous qui avons percuté le gamin, c'est lui qui a percuté la voiture), j'annonce une vitesse de 50 km/h (alors qu'il aurait fallu dire 40!), bref, la déposition est rédigée  puis traduite et signée (empreinte du pouce) et, nous dit le chef, il faut maintenant attendre le jugement car un juge doit se prononcer sur notre sort. Un juge? Quand? Ce soir, demain, on ne sait pas. Léger abattement, soulagement aussi et résignation. Le professeur de français rentre chez lui.

Nouvelle effervescence sur le coup de 19 heures : le représentant d'Europcar vient d'arriver de Damas, toutes affaires cessantes, il a mis plus de quatre heures pour nous rejoindre, sur des routes pas toujours faciles. Il est jeune, parle un très bon anglais, il a l'air bien et prend tout de suite les choses en main (il connaît visiblement la procédure, qu'il nous explique après, encore une fois, de longs conciliabules avec le chef).  C'est clair, il faut NEGOCIER, négocier avec les parents qui ont entre-temps porté plainte contre nous au poste de police d'Al Mansoura. Car à leurs yeux, nous sommes coupables, aux yeux de tous aussi, d'ailleurs, c'est la règle en Syrie : le conducteur est toujours coupable, surtout si en plus il est étranger, c'est comme cela. Le consul m'appelle à ce moment, je lui dis où nous en sommes, il a l'air moins inquiet.

La suite: je reste au poste (en GAV), Alexandra accompagne Mohammed Yousef (Europcar) à l'hôpital d'Ar Raqqah à 40 km de là. Au chevet du gamin, une douzaine de personnes, parents, grands-parents, frères, oncle et tante etc... (dommage qu'aucun d'entre eux ne se soit préoccupé du gamin sur le coup d'une heure, lorsqu'il faisait n'importe quoi dans les rues d'Al Mansoura...), mines éplorées, larmes... Allées et venues du médecin qui donne son avis, début des négociations, puis l'oncle revient dans la chambre avec la facture établie par le service pour les frais d'hospitalisation : 25 000 livres syriennes, soit 520 euros pour une jambe cassée et de multiples contusions à l'autre. Une parenthèse pour préciser que l'assurance souscrite auprès du loueur est complète, que tous les frais seront  intégralement pris en charge par elle, néanmoins, compte tenu de la plainte, il faut payer, sauf à vouloir prolonger indéfiniment notre séjour à Al-Thawra... Bref, l'accord se fait sur la somme  indiquée  (tous ont convenu ensuite que la famille a été correcte, il auraient pu demander beaucoup plus, et nous aurions payé, bien évidemment, je m'attendais honnêtement à devoir débourser 2, 3 ou 4 fois ce montant...).

Il ne restait plus qu'à trouver l'argent, c'est à dire à trouver, en pleine nuit, dans une ville que ni l'un ni l'autre ne connaissait, un DAB en état de marche et capable de cracher cette somme-là, encore heureux que nous disposions d'une carte Visa Premier.  Et ils le firent, au quatrième DAB, puis revinrent à l'hôpital remettre l'argent au père et prirent la route d'Al-Thawra où je les attendais.

 

De mon côté, donc, je passe le temps en bouquinant dans mon coin, et l'idée me vient de "nettoyer" mon appareil photo, c'est-à-dire d'éliminer les photos les moins réussies, ce qui me vaut d'être immédiatement entouré d'une demi-douzaine de policiers, très intéressés, à qui je fais visiter virtuellement Damas, Palmyre etc... L'atmosphère est maintenant plus détendue, le chef profite d'un moment où nous sommes seuls pour se lancer en anglais, un anglais tout à fait suffisant pour permettre un échange intéressant. Il me dit nourrir une passion pour Beethoven, qu'il semble effectivement bien connaître, et  il me passe des extraits de plusieurs symphonies sur son ordinateur, cite Napoléon Bonaparte comme l'un de ses héros préférés, s'intéresse aux relations intra-européennes et a du mal à me croire lorsque je lui dis que l'on peut passer d'un pays à l'autre sans même s'arrêter. Il me fait part de son admiration pour notre continent, l'Europe représente pour lui le summum de la civilisation. Un problème précis le tracasse, et j'essaie de lui expliquer, c'est la situation de l'Alsace-Lorraine par rapport à la France et l'Allemagne... etc, etc... Supposant que je dois commencer à avoir faim, on m'apporte très gentiment à manger et à boire, je partage l'ordinaire de la brigade. Mon statut a visiblement évolué, d'"under arrest" que j'étais, je suis maintenant traité comme un invité...

Nous finissons par bidouiller sur son ordinateur et je parviens à lui montrer avec Google Earth Paris et ses principaux monuments, Lille, Marcq-en-Baroeul, notre maison et le jardin, Inno etc... Il est aux anges. Nous passons ensuite à des choses un peu moins sérieuses et même un peu légères (toujours sur son ordinateur) quand soudain font irruption dans la pièce Mohammed Yousef, Alexandra, le père du gamin, un oncle et un ami, (un juriste). L'ordinateur est prestement mis de côté, le "copain" redevient  chef de la police, sauf que dans l'échange animé et souvent vif qui va suivre (et qui va durer trois bons quarts d'heure), il nous désignera comme "Michel et Alexandra".

L'échange est effectivement vif entre d'un côté l'oncle, hargneux et le "juriste" qui s'énerve et me pointe sans arrêt du doigt (le père n'ouvre pas la bouche), de l'autre, la police - qui a pris fait et cause pour nous, ça se voit et s'entend - mon "copain" en arrive à hausser à plusieurs reprises le ton  contre la famille - (il nous sera confirmé par la suite qu'il nous a effectivement très bien soutenus), et Mohammed Yousef, qui garde son calme. Nous, on s'inquiète un peu (la rançon a déjà été payée), mais à tort: la famille veut juste des garanties sur la prise en charge des frais par l'assurance de la voiture. Mohammed Yousef doit s'en porter garant personnellement, tout cela est enregistré officiellement et prend du temps. Voilà. Il est près de minuit, la "famille" se retire enfin, non sans que le père nous ait offert l'hospitalité chez lui pour le reste de la nuit (!!!). Comme nous n'en avons pas très envie, j'argue de mon refus de prendre la route la nuit pour refuser poliment. Nos passeports nous sont rendus avec un large sourire, il ne  me reste plus qu'à récupérer mon permis, ce sera fait vers 2 heures du matin après qu'une photocopie en sera faite, une photocopie également des documents de Mohammed Yousef; c'est lui qui s'en charge,  il reprend donc la direction d'Ar Raqqa, accompagné d'un policier....

 

 Il est à peu près 1 heure du matin, nous attendons le retour de Mohammed Yousef.

 

Ma demande de terminer la nuit au poste est acceptée sans problème, on met même à notre disposition une petite chambre (la chambre des policiers de service, eux passeront la nuit dans une autre pièce).


Comme nous souhaitons partir rapidement demain matin pour Alep, nous réglons le réveil sur 5h45 (départ prévu 6h). 

 

 

 

 

Epilogue. Hier, vendredi 21 mai, j'ai fait téléphoner à la famille du gamin en Syrie, il va bien, il vient d'avoir, comme prévu, sa seconde opération. Nous resterons bien sûr en contact avec lui; ce matin, par le même canal, j'ai pu joindre mon "copain" et je remonterai par son intermédiaire jusqu'au professeur de français, autant de personnes que nous allons remercier d'une manière ou d'une autre... Nous avons déjà fait savoir à Europcar Syrie combien nous avons apprécié l'efficacité de Mohammed Yousef.

 

Dernière chose. J'aimerais que tous les étrangers placés en garde à vue en France bénéficient du même traitement que celui qui nous fut réservé à Al Thawra.

 

 

 

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(mais il faudra attendre pour cela patienter un peu, nous partons demain pour le sud...)